السندباد المغاربة

Référence à Abdelkrim GHALLAB

Les sindbads marocains, 2004

Voyage dans le Maroc civique

 

Fatema Mernissi

Marsam, Rabat

Ce n'est pas vrai que les jeunes marocains ne rêvent que d'émigrer. Leur touchante démonstration de patriotisme le 9 février 2004, lorsqu'ils ont déferlé par millions dans les rues brandissant le drapeau marocain qu'ils caressaient avec amour, en chantant le triomphe de l'équipe nationale de football, vice-championne de la CAN 2004, a été interprétée par beaucoup comme un cri désespéré pour que les adultes fassent confiance.
Et c'est précisément la réussite miraculeuse des jeunes, lorsque leurs aînés leur font confiance, que je décris dans ce livre, qui est le fruit de 5 ans de recherche sur l'initiative civique dans le Sud du Maroc. La parabole et les cyber-cafés mettent fn à l'isolement des jeunes dans les régions périphériques des montagnes et des déserts du Sud les moins équipées et démocratisent l'accès au savoir et facilitent surtout la communication avec les étrangers, jusque-là monopole des enfants de riches qui transitent par les écoles élitistes des Missions culturelles étrangères.
Ce livre, dont les héros sont des gens modestes qui n'attirent guère l'attention des médias obsédés par les terroristes, décrit la métamorphose des jeunes du Haut Atlas et du désert en Sindbads virtuels, qui naviguent et communiquent grâce à l'internet. Ils ne pensent plus qu'à protéger les gazelles et les oiseaux menacés d'extinction et à arrêter la dégradation des sites préhistoriques. Ce livre fit suite à mon enquête sur les "Aït Débrouille : ONG du Haut Atlas" et démontre que le Maroc, qui n'a pas de pétrole, a eu l'intelligence de miser sur le cerveau humain en jouant la combinaison gagnante : initiative civique + libéralisation des télécommunications.

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